bleue nuit

Et puis il y a ces jours dans lesquels je suis incapable de sortir.
Ces moments dans lesquels j’entends tout et surtout que personne ne sait ce que je vis et que tout le monde est loin du point de compréhension.

Voir dans les regards, l’incompréhension et d’entendre leurs interprétations, est la chose la plus culpabilisante que l’on puisse vivre. Car je suis loin d’abandonner le game, je m’en suis demandé bien plus que ce que je ne pouvais gérer, une fois de plus, une fois de trop.
Ce n’est pas du courage, c’est du suicide à petit feu que de rester ainsi à faire semblant de pouvoir, de se sur-adapter plutôt que de s’adapter. D’avoir une vie comme la majorité la définie, ce n’est pas ça être sain d’esprit, n’en déplaise notre funeste ami Freud.

On me dit que sortir me fera du bien, on me dit qu’il ne faut pas perdre le moral, que ça me changera les idées. Seulement voilà ce n’est pas une question d’idées, plutôt de ressentis.
Personne ne semble entendre que mon corps m’interdit de faire quoi que ce soit, qu’il est tellement lourd de souffrances qu’il ne peut que subir la gravité qui le plaque au sol.
Le sol rassurant d’une certaine manière réconfortant.

Il n’y a personne pour moi, personne qui me donne le réconfort dont j’ai besoin, un câlin, une présence, un être humain qui sans un mot, sans arrières pensées sait me parler, me dire, me faire entendre, ce que je sais déjà, que demain tout ira bien… une fois que mon corps aura déversé toutes ses vagues en larmes, qu’il aura trouvé assez de repos pour ne plus souffrir sur l’autoroute de ses tensions nerveuses assiégées sensoriellement par le monde entier.

En attendant, sans pouvoir être aidée, ne serait-ce qu’au travers d’un massage qui m’aiderait à détendre mes muscles figés de contractions face à ces agressions, je ne peux que rester immobile, figée à coté du temps qui défile, à l’abris de moi-même, en essayant de me faire amie avec l’ennui que mon esprit subit dans mes journées bleue nuit.

1.2.20
JUlie